
L’histoire derrière Sodade
Sodade est né d’un besoin profond : celui de ne pas laisser les histoires se perdre. Ce projet s’ancre dans mon parcours, mes racines, et les absences qui ont façonné ma vie. Voici ce qui m’a conduite à créer un espace dédié à la mémoire, aux récits et à la transmission.
Mon Histoire
Je porte en moi des racines cap‑verdiennes du côté maternel, une culture où les récits, les voix et les traces familiales ont toujours compté. Du côté paternel, mon histoire a débuté par de tristes évènements : de mes 6 à mes 10 ans, j’ai perdu successivement plusieurs membres de ma famille, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que mon père et moi du côté paternel. Ces années ont façonné ma manière de ressentir, de comprendre les liens, de percevoir ce qui se transmet et ce qui disparaît.


Le déclencheur
Mon père et moi étions très proches, mais une grande pudeur habitait notre relation. Il me racontait parfois des fragments d’histoires, des souvenirs, des bribes de vie… mais beaucoup restait tu. Après son décès, j’ai découvert des choses que je ne savais pas : des photos, des documents, des traces auxquelles je ne prêtais pas attention avant, trop jeune, ou simplement parce qu’il était encore là. Et j’ai réalisé que c’était trop tard pour lui poser des questions, trop tard pour entendre sa voix raconter, trop tard pour recueillir son histoire. J’ai de lui ses valeurs, sa force, sa manière d’être au monde. Mais je n’ai pas assez gardé de traces : une vidéo, des photos, peu de récits, presque rien de son histoire familiale, de ses ancêtres. Il ne reste que moi… et ma fille.
La naissance de Sodade
Un jour, en lui parlant de mon père, ma fille m’a dit : « Mais maman, je ne sais pas… tu sais, papi, je ne l’ai pas connu autant que toi. » Cette phrase a tout changé. Elle m’a fait comprendre que si je ne transmettais pas, si je ne racontais pas, si je ne préservais pas ce qui reste, alors tout cela s’effacerait. Et je ne veux pas que ce soit en vain. Je me dois de lui transmettre ce que je sais, ce qu’ils ont vécu, ce que j’ai compris, pour qu’elle sache, pour que la mémoire continue.
C’est dans ce mouvement que Sodade, mémoire en héritage est né : dans ce besoin de préserver ce qui disparaît trop vite, dans ce désir de donner une forme à ce qui reste, dans cette volonté de transmettre ce qui ne doit pas s’effacer.


